Le Nord Stratégique - Accompagner les entreprises dans le marché défense, Eric Chocron-AXEO
Dans cet épisode du balado Le Nord stratégique, Éric Sauvé, vétéran des Forces armées canadiennes et président d’ Innovigo, reçoit Éric Chocron, directeur général par intérim d’Axeo, pour une discussion sur l’innovation technologique, l’incubation et les réalités du marché canadien de la défense. Ensemble, ils abordent le rôle des incubateurs dans la validation et la commercialisation de technologies, les possibilités liées aux technologies à double usage, au C5ISR, à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle, ainsi que les défis propres à la défense : cycles d’acquisition, financement, certifications, capacité de production et collaboration avec les grands donneurs d’ordres. La conversation explore également l’importance de l’écosystème Gatineau–Ottawa, de la recherche universitaire, du bilinguisme et de la place des entreprises francophones dans le secteur. L’épisode présente enfin le Parcours Axeo Défense, un programme de neuf semaines visant à aider les startups et PME à déterminer concrètement si le marché de la défense représente une avenue commerciale pertinente pour leur entreprise.
TRANSCRIPTION
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Le Nord stratégique — Éric Chocron, Axeo
Innovation, incubation et accès au marché canadien de la défense
Éric Sauvé :
Bonjour et bienvenue au podcast Le Nord stratégique. Mon nom est Éric Sauvé, vétéran des Forces armées canadiennes et président d’Innovigo.
Aujourd’hui, on parle d’incubation pour les entreprises qui veulent se lancer dans le domaine de la défense. J’ai la chance de recevoir Éric Chocron, directeur général par intérim d’Axeo, à Gatineau, qui se spécialise dans l’incubation des entreprises technologiques.
Éric, merci d’être ici.
Éric Chocron :
Merci de me recevoir.
Éric Sauvé :
On va parler d’innovation et de défense. Mais, premièrement, tu as travaillé dans la Silicon Valley et tu es un spécialiste en innovation. Parle-moi un peu de ton parcours et, surtout, du mandat général d’Axeo.
Éric Chocron :
Avec plaisir, et encore une fois, merci de nous recevoir aujourd’hui.
Axeo est un incubateur-accélérateur en innovation technologique. Notre rôle est de soutenir les entreprises — qu’il s’agisse de microentreprises, de startups technologiques ou de PME — qui souhaitent lancer un produit technologique innovant et le commercialiser.
Et ce n’est pas seulement en défense. De façon générale, nous accompagnons des produits et des solutions technologiques innovantes qui veulent se lancer sur le marché, qu’il s’agisse de produits numériques ou physiques, notamment en hardware ou en hard tech.
C’est d’ailleurs la première fois qu’Axeo lance un parcours spécifiquement consacré à la défense, et on va en parler aujourd’hui.
Rapidement sur mon parcours : je suis actuellement directeur général par intérim d’Axeo. J’ai fait mon MBA en innovation et en entrepreneuriat dans l’Ouest canadien. J’ai ensuite eu la chance d’aller travailler en Californie, dans la Silicon Valley.
Pour ceux qui connaissent moins la Silicon Valley, c’est un peu la Mecque de la technologie en Amérique du Nord — et même à l’échelle mondiale. J’y ai travaillé auprès de startups technologiques, notamment en cybersécurité, qui avaient reçu des investissements.
Je suis ensuite revenu au Canada, d’abord à Montréal, puis dans la région d’Ottawa-Gatineau. On m’a offert un poste en incubation et cela fait maintenant six ans que je travaille dans le domaine de l’incubation et de l’accélération. Aujourd’hui, je suis directeur général par intérim, et j’adore ça.
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Le Parcours Axeo Défense
Éric Sauvé :
Axeo va justement lancer un parcours pour les entreprises qui souhaitent entrer dans le secteur de la défense. Ça commence bientôt et ça s’étend presque jusqu’à Noël.
Éric Chocron :
Exactement.
Il s’agit d’un parcours de validation commerciale destiné aux entreprises qui veulent déterminer si leur produit ou leur solution peut avoir sa place dans le marché de la défense.
C’est un parcours de neuf semaines, qui débute le 30 septembre et se termine le 1er décembre.
Éric Sauvé :
Vous avez donc des entreprises qui vous ont approchés et qui souhaitent se lancer. On parle notamment d’innovation à double usage : des entreprises qui ont déjà quelque chose de commercialisé ou de semi-commercialisé et qui veulent voir si leur technologie pourrait aussi être utilisée dans le domaine de la défense.
Éric Chocron :
Exactement. C’est le grand questionnement qu’on observe actuellement au Québec, en Outaouais et ailleurs au Canada.
Maintenant qu’il y a beaucoup plus d’attention portée au marché de la défense et que les budgets augmentent, une PME peut se demander : « Est-ce que mon produit ou ma solution pourrait devenir commercialement viable dans le marché canadien de la défense? »
C’est une question qu’on entend énormément depuis environ 18 mois à travers le Canada.
Dans le monde de l’incubation, on nous la pose régulièrement. On en discutait notamment au Sommet des incubateurs du Québec en février 2026.
C’est précisément la question à laquelle nous voulons aider les entreprises à répondre avec notre parcours.
Si une PME se demande : « Est-ce que ma solution correspond aux besoins du marché de la défense? Est-ce que ça vaut la peine pour mon entreprise d’investir dans ce marché? », nous voulons l’aider à obtenir une réponse concrète au cours de ces neuf semaines.
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À quel stade doit être l’entreprise?
Éric Sauvé :
Vous êtes spécialisés en innovation. On peut donc parler de TRL, le Technology Readiness Level, ou niveau de maturité technologique.
Est-ce que vous acceptez des entreprises qui commencent avec une idée, un concept ou un prototype, ou cherchez-vous plutôt des entreprises qui sont déjà plus proches de la commercialisation?
Éric Chocron :
Très bonne question.
À la base, un incubateur-accélérateur existe justement pour prendre une entreprise en précommercialisation et l’accompagner vers la commercialisation. Le niveau de maturité technologique peut donc être relativement bas.
Dans le cas du Parcours Axeo Défense, nous l’ouvrons également aux PME qui sont déjà en commercialisation, notamment parce qu’on parle beaucoup de double usage.
Une solution déjà commercialisée en B2B, par exemple, peut avoir une deuxième utilisation dans le marché de la défense nationale.
Le programme est donc pertinent autant pour certaines entreprises en précommercialisation que pour des entreprises qui ont déjà démontré une viabilité commerciale.
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Pourquoi Gatineau et l’Outaouais?
Éric Sauvé :
Il y a évidemment des entreprises qui travaillent avec des produits relativement traditionnels — caoutchouc, valves, pièces — et d’autres qui développent des technologies beaucoup plus avancées.
Gatineau cherche notamment à développer une expertise autour du C5ISR : commandement, contrôle, communications, informatique, cyber, renseignement, surveillance et reconnaissance. On parle notamment de cyber et de fusion de données.
Éric Chocron :
Exactement.
Tout ce qui touche à l’informatique représente déjà une force importante dans la région de Gatineau. Cela découle notamment des efforts qui ont été faits autour de la cybersécurité et de tout le réseau d’expertise qui s’est développé dans la région.
On retrouve plusieurs organisations, entreprises et initiatives liées à la cybersécurité et à l’innovation. Il y a aussi la proximité immédiate d’Ottawa et du gouvernement fédéral.
Tout cela contribue à créer un écosystème intéressant pour développer une expertise autour de la défense.
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Le rôle d’Axeo : réunir les bonnes expertises
Éric Sauvé :
Un des défis pour un incubateur est justement d’aller chercher l’expertise spécifique au secteur de la défense.
Éric Chocron :
Absolument. Il faut bien s’entourer.
Je tiens d’ailleurs à le préciser : je ne suis pas moi-même un expert de la défense.
Le rôle d’un incubateur-accélérateur est justement de bâtir un écosystème d’experts capables d’aider les entreprises à comprendre sur quoi elles doivent se concentrer et comment progresser pour commercialiser leur produit.
Pour ce parcours, nous avons donc regroupé une série d’experts du secteur. Éric, tu fais toi-même partie de ces experts.
Éric Sauvé :
J’ai travaillé pendant 22 ans comme officier des Forces armées canadiennes, notamment dans l’infanterie et le renseignement. J’ai été déployé en Afghanistan, j’ai travaillé avec les forces spéciales et pendant trois ans avec la Defense Intelligence Agency à Washington.
Mon domaine est notamment le C5ISR : commandement, contrôle, communications, informatique, cyber, renseignement, surveillance et reconnaissance. On parle essentiellement de collecte et de fusion de données.
Ça me fait donc plaisir de travailler avec Axeo.
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Qu’est-ce que l’incubation?
Éric Sauvé :
On utilise souvent le mot « incubation », mais qu’est-ce que ça signifie concrètement pour une entreprise?
Éric Chocron :
Il faut d’abord comprendre que l’entrepreneuriat n’est jamais une ligne droite.
Même si nous définissons différentes étapes, une entreprise ne les suit pas nécessairement de façon parfaitement linéaire.
L’incubation commence notamment par l’idéation : développer une idée et déterminer si elle mérite d’être validée commercialement.
Et qu’est-ce que ça veut dire, valider?
Ça veut dire aller parler à son marché cible. Il faut déterminer qui est notre client, comprendre ses besoins et établir s’il existe réellement un lien entre notre solution et un problème concret que ce client cherche à résoudre.
C’est une des étapes les plus importantes de l’incubation.
Ensuite viennent notamment la commercialisation, le financement et la croissance.
Dans le secteur de la défense, les principes de base de l’incubation ne changent pas. C’est le marché qui change.
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Financement et capital
Éric Sauvé :
Une jeune entreprise peut avoir besoin de financement pour développer son idée, créer des prototypes et atteindre un certain niveau de maturité.
Éric Chocron :
Exactement.
Un incubateur sert également à connecter l’entreprise à différentes sources potentielles de financement, publiques ou privées.
Il peut s’agir d’investisseurs providentiels, de groupes de capital de risque ou encore de programmes gouvernementaux.
Les investisseurs providentiels sont généralement des personnes qui disposent de capital et qui peuvent investir dans des entreprises en échange d’une participation ou de droits futurs sur l’équité.
Le capital de risque fonctionne différemment. Ces groupes constituent des portefeuilles d’investissements et recherchent généralement des entreprises ayant un fort potentiel de croissance.
Dans le secteur de la défense, l’un des éléments particulièrement importants est que les investisseurs doivent comprendre les cycles propres à ce marché, qui peuvent être très différents de ceux de l’innovation technologique traditionnelle.
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Comprendre les cycles de la défense
Éric Sauvé :
La défense identifie d’abord un besoin. Ensuite, il y a tout un cycle : identification du problème, analyse des options, définition, implantation et fermeture du projet.
Ces processus peuvent être très longs.
Il existe toutefois différentes façons d’accélérer certains projets lorsqu’un besoin opérationnel devient urgent.
C’est quelque chose dont nous parlerons également pendant le parcours.
Éric Chocron :
Et c’est justement une donnée fondamentale pour une entreprise.
Dans l’innovation technologique et le capital de risque, on pense souvent en fonction de cycles de croissance relativement rapides. La défense peut fonctionner selon une logique complètement différente.
Une entreprise doit donc comprendre cette réalité avant d’investir massivement pour pénétrer ce marché.
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Pourquoi le double usage est important
Éric Chocron :
Pour une entreprise en précommercialisation, il faut comprendre les exigences nécessaires avant de vouloir faire de la défense son premier marché.
L’autre avenue très intéressante est celle du double usage.
Une entreprise peut déjà générer des revenus sur un marché commercial, auprès de particuliers ou d’autres entreprises, puis déterminer si sa technologie peut être adaptée au secteur de la défense.
Elle doit alors se poser plusieurs questions : quelles certifications seront nécessaires? Quels changements faudra-t-il apporter? A-t-elle la capacité de production nécessaire? Dispose-t-elle des ressources humaines et financières suffisantes?
Éric Sauvé :
C’est exactement ce que nous disons chez Innovigo : trouvez d’abord un marché qui vous permet de survivre et de continuer à développer votre technologie.
Ensuite, vous pouvez explorer une application à double usage pour la défense.
Parce que le marché de la défense peut être long et complexe.
Éric Chocron :
Exactement.
Et si la défense devient intéressée, il faut être capable de croître rapidement.
Une PME doit se demander : « Ai-je les capacités de production, les ressources humaines, le financement et la structure nécessaires pour entrer dans ce marché? »
C’est précisément le genre de questions auxquelles nous voulons aider les entreprises à répondre pendant les neuf semaines du parcours.
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Une première cohorte
Éric Sauvé :
Vous avez déjà des entreprises préqualifiées. Cherchez-vous encore d’autres entreprises?
Éric Chocron :
Oui.
Plus de 25 entreprises ont déjà manifesté leur intérêt à travers le Québec et le Canada francophone.
Nous sommes évidemment très concentrés sur Gatineau et l’Outaouais parce que nous voulons contribuer au positionnement de la région dans ce marché. Mais Axeo n’est qu’un acteur parmi plusieurs : ça prend tout un écosystème.
La première cohorte commence le 30 septembre et se déroule pendant neuf semaines.
Nous souhaitons également développer d’autres cohortes à partir de 2027.
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Une équipe d’experts
Éric Chocron :
Nous avons réuni plusieurs experts pour accompagner cette première cohorte.
Éric Sauvé fait partie de l’équipe. Patrick Sirois de Triode contribuera également au parcours. Nathalie Couët apportera son expertise en accompagnement et en commercialisation, et plusieurs autres spécialistes interviendront sur différentes dimensions du marché.
Au total, plusieurs experts ont été identifiés pour contribuer à cette première cohorte.
Le programme bénéficie également de la collaboration de partenaires de l’écosystème régional.
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Une décision « go / no-go » après neuf semaines
Éric Sauvé :
Au terme des neuf semaines, l’objectif est donc un peu d’arriver à une décision « go / no-go »?
Éric Chocron :
Exactement.
L’entreprise doit être mieux positionnée pour décider : « Est-ce que je veux réellement me lancer dans ce marché? »
Elle connaîtra mieux les défis, les investissements nécessaires, les exigences, mais également les occasions.
Et un « no-go » n’est pas nécessairement un échec.
En neuf semaines, arriver à la conclusion que ce marché n’est pas pertinent aujourd’hui peut éviter des années de questionnements et d’investissements.
Ça peut vouloir dire : ce n’est pas le bon moment, notre technologie n’est pas encore assez mature ou nous devons revoir notre approche.
C’est une décision stratégique.
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IA, données et technologies à double usage
Éric Sauvé :
Le C5ISR touche énormément de technologies : capteurs, fusion de données, cybersécurité, intelligence artificielle, surveillance, communications…
Est-ce que vous voyez des entreprises de la région qui pourraient se positionner dans ces secteurs?
Éric Chocron :
Absolument.
Des entreprises qui travaillent déjà en cybersécurité, en intelligence artificielle, en gestion de données ou en applications numériques peuvent potentiellement trouver des applications dans le C5ISR.
L’enjeu est de déterminer s’il existe un besoin réel dans la défense et jusqu’à quel point l’entreprise doit adapter — ou « pivoter » — sa solution pour répondre à ce besoin.
Prenons l’exemple de l’agritech.
Une entreprise peut utiliser des drones, de la géomatique et de l’intelligence artificielle pour analyser des terrains agricoles. Certaines de ces capacités technologiques pourraient potentiellement avoir des applications à double usage.
La question devient alors : quel problème concret de la défense cette technologie pourrait-elle résoudre?
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L’importance de comprendre le client défense
Éric Sauvé :
La défense est un écosystème complexe.
Une entreprise ne vend pas nécessairement « à la défense » comme à un seul client. Il y a l’Armée, l’Aviation royale canadienne, la Marine royale canadienne, les forces spéciales et différentes structures interarmées.
Il faut comprendre comment cet écosystème fonctionne, quels sont ses besoins et comment les décisions d’acquisition sont prises.
C’est une partie importante de ce que nous allons expliquer aux entreprises.
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Le français, l’innovation et la défense
Éric Chocron :
Tu parles de culture, et je pense que c’est un bon moment pour parler aussi de la place du français dans le domaine de la défense.
Est-ce que le français est une langue couramment utilisée dans ce secteur?
Éric Sauvé :
C’est une question importante.
Le bilinguisme représente une richesse, notamment dans les relations internationales et dans la capacité des militaires à travailler avec différents partenaires.
Parler une autre langue, ce n’est pas simplement traduire des mots : c’est aussi comprendre une culture et une façon différente de communiquer.
Éric Chocron :
Et c’est aussi pertinent dans l’innovation technologique.
Beaucoup de termes viennent de l’anglais, mais cela ne signifie pas que les entreprises francophones n’ont pas leur place.
C’est justement un aspect important de notre parcours : offrir un programme de validation commerciale en français aux entreprises franco-canadiennes et québécoises intéressées par le marché de la défense.
Nous avons de l’intérêt provenant de l’Outaouais, d’Ottawa, de l’Ontario et d’autres régions du Canada.
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Intelligence artificielle et défense
Éric Sauvé :
L’intelligence artificielle transforme également le domaine de la défense.
Elle permet notamment d’analyser énormément de données beaucoup plus rapidement. Dans le renseignement, c’est révolutionnaire.
L’humain demeure toutefois central dans l’analyse, parce qu’il apporte ses connaissances, son jugement et son intuition.
Éric Chocron :
Je suis entièrement d’accord.
Je suis très favorable à la technologie et à l’IA, mais également au rôle de l’humain.
Imagine une technologie capable de traduire automatiquement ce qu’une personne entend sur le terrain, directement dans son casque ou dans un système de réalité augmentée.
Ce genre d’innovation peut transformer complètement la façon dont on travaille.
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Les grands donneurs d’ordres
Éric Sauvé :
Une autre chose importante pour les PME : elles ne vendront pas nécessairement directement au gouvernement ou aux Forces armées.
Il existe de grands donneurs d’ordres qui ont déjà des contrats majeurs avec la défense.
Ces entreprises ont besoin de plus petits fournisseurs et partenaires technologiques.
Éric Chocron :
Exactement.
Et c’est un autre aspect que nous voulons faire comprendre pendant le parcours : comment travailler avec une entreprise qui détient déjà un grand contrat gouvernemental et comment une PME peut s’insérer dans sa chaîne de valeur.
Éric Sauvé :
Les grands donneurs d’ordres peuvent avoir des contrats de centaines de millions ou même de milliards de dollars.
Ils ont besoin de PME capables de fournir certaines technologies, pièces ou expertises. Il existe également des mécanismes de retombées industrielles et technologiques qui contribuent à créer des occasions pour l’industrie canadienne.
L’objectif est donc aussi d’aider les petites entreprises à comprendre comment établir des relations avec ces grands joueurs.
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La recherche universitaire comme source d’innovation
Éric Chocron :
Il ne faut pas oublier non plus la recherche universitaire.
Il existe énormément de projets de recherche au Québec et au Canada qui pourraient éventuellement trouver des applications commerciales dans le secteur de la défense.
Un chercheur ou une équipe universitaire peut se demander : « Est-ce que cette technologie pourrait devenir un produit? Est-ce qu’elle pourrait répondre à un besoin concret? »
Il faut parfois sortir l’innovation du laboratoire pour voir si elle peut devenir une entreprise et contribuer à l’économie.
Éric Sauvé :
Et même lorsqu’une technologie est déjà précommercialisée, le lien avec le milieu académique peut demeurer très important.
La recherche et la validation scientifique peuvent contribuer à augmenter la confiance envers une technologie.
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Conclusion
Éric Sauvé :
On arrive à la fin de l’heure. Merci beaucoup, Éric.
Le Parcours Axeo Défense commence donc le 30 septembre.
J’espère que cette discussion permettra à d’autres entreprises et régions francophones du Québec et du Canada de mieux comprendre le marché de la défense et la façon dont elles peuvent éventuellement s’y positionner.
Éric Chocron :
Merci beaucoup, Éric, pour l’invitation.
Pour les entreprises intéressées, nous allons laisser le lien vers le Parcours Axeo Défense dans les commentaires.
La première cohorte compte un nombre limité de places et commence le 30 septembre. D’autres cohortes pourront également être développées à partir de 2027.
Merci beaucoup à tous, et merci Éric. C’est très apprécié.
Éric Sauvé :
Merci à tous.
J’espère que vous en avez appris davantage sur l’écosystème de la défense. C’est un écosystème qui peut paraître complexe, mais il existe des experts dans plusieurs domaines : incubation, défense, financement et plusieurs autres expertises connexes.
Nous continuerons d’en parler dans les prochains épisodes.
Merci beaucoup.





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